vendredi 17 août 2007

Le jour où j'ai failli rencontrer Uribe...


Bon, ça y est, j'ai déjà droit à quelques récriminiations parce que pas d'actualisation. D'abord, j'ai décidé de bouder parce que personne ne me laisse de message, et ensuite, est-ce de ma faute à moi si je n'ai pas une minute?
Par exemple, le week-end dernier, j'étais à Santafé de Antioquia, charmant petit village à 1h30 environ de Medellin, ancienne capitale du département d'Antioquia, si je ne me gourre. Mais le procesus pour y aller n'a pas été simple: l'idée était de partir avec Noémie pour rejoindre sa soeur, Esteban et d'autres gens présents à Capurgana (si vous êtes perdus, c'est de votre faute, z'aviez qu'à lire avant!). Déjà, on a attendu jusqu'à vendredi pour prendre une décision, parce que vouloir partir le vendredi soir, passer la nuit dans le bus et arriver le samedi matin pour repartir dimanche dans l'après-midi, on peut raisonnablement se demander si ça vaut le coup.
Mais comme avec Noémie on est des filles qui n'avons pas froid aux yeux, on s'est dit "banco!". Sauf que là, on apprend que notre cher président (c'est évidement une figure de style, je ne suis pas encore colombienne) Uribe veut justement aller commémorer les 194 ans de l'indépendance d'Antioquia (quel anniversaire idiot!) là-bas. Et comme monsieur ne voyage jamais seul mais accompagné de quelques 2 000 policiers, ben ça arrive souvent que lorsqu'il voyage par la route celle-ci soit coupée.
Mais les Colombiens sont prévoyants: ils ont un n° de téléphone spécial police des routes, qui nous informent de l'état de ces dernières et vient vous sauver en cas d'accident: "La policia nacional de carreteras, tu amigo en el camino!". Ils ont juste balourdement oublier de payer et/ou de former des gens pour répondre au téléphone.
Bref, après un petit verre de rhum pour savoir si on prenait le risque de faire une nuit de bus pour se retrouver comme des crétines bloquées au milieu de la route, nous avons redit "banco!". C'est utile, le rhum.
Au final, Uribe était déjà sur place, donc nous avons pu voyager tranquillement, et nous sommes arrivées sur la place du village comme 2 fleurs un peu avant qu'il ne prononce son discours. Le temps de poser les affaires, boire quelques cafés, et hop! M. le président avait déjà parlé... Quel dommage! Donc pas de photo, je suis désolée... C'est quand même balaud, après avoir choisi LE bled de Colombie où il avait décidé de venir ce jour là.
En plus, comme il fait rien que nous embêter, cet homme là, il avait même décrété la ley seca dans le village: interdiction de vendre de l'alcool nulle part ni d'en consommer... Donc généralement cette loi, appliquée normalement à la moindre élection, donne une ville morte, puisque beaucoup de bars préfèrent fermer plutôt que de servir du jus de fruit à 3 clients.
Tout ça pour empêcher quelques borrachos d'insulter le président en rentrant pas trop droit chez eux le soir... Mais quelle idée!
Enfin, comme le cousin de Carolina, chez qui on habitait, tenait un bar-resto, on a pu boire un petit verre de rhum dans une belle tasse à café avant d'aller se coucher!
Bref, ce fut un WE court mais intense, sous le soleil et la chaleur qui manquent à Bogota. Et même que là bas, ils ont tout prévu, et que lorsqu'il fait trop chaud, ils mettent des rivières et des cascades pour se rafraîchir. C'est bien fait non?
Voilà, que dire d'autre? Rien je sais, c'est déjà encore assez long (oui Carlos, je sais). Donc à bientôt!
Santafé de Antioquia - Août 2007